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Depuis 2019, les casques portés par les pilotes de Formule 1 doivent respecter la norme FIA 8860 – 2018. Une série d’exigences en matière de sécurité, fruit de dix années de recherche et de réflexion depuis l’incident du Grand Prix de Hongrie de 2009, au cours duquel Felipe Massa perdit le contrôle de sa monoplace après avoir reçu un ressort au niveau du casque.
Supporter des tests de résistance toujours plus exigeants
Pour Ă©viter une quelconque rĂ©cidive et toujours plus assurer l’intĂ©gritĂ© physique des pilotes, les futurs casques des pilotes de F1 doivent passer avec succès toute une batterie de tests, condition sine qua non pour obtenir une homologation de la FIA. Leur rĂ©sistance est mise Ă rude Ă©preuve. Les casques doivent ĂŞtre en mesure de supporter le choc d’un poids de 10 kg lâchĂ© de cinq mètres de haut, de rĂ©sister Ă un disque de 225 g propulsĂ© Ă 250 km/h, Ă la chaleur d’une flamme chauffĂ©e Ă 790 °C ou encore Ă un tir de fusil Ă air sur la visière.Â
Pour passer avec brio ces Ă©preuves et assurer la sĂ©curitĂ© des pilotes en piste, le casque est devenu, au fil de ses dĂ©cennies d’évolution, une protection dotĂ©e d’une extrĂŞme rĂ©sistance. Une armure capable d’absorber les chocs et protĂ©ger les tĂŞtes des pilotes mĂŞme lors des accidents les plus violents, devant sa soliditĂ© aux diffĂ©rentes couches et matĂ©riaux qui la compose.Â
De la coque externe à la mousse interne, les différents composants du casque
Première Ă©tape dans la conception d’un casque, le moulage de la coque. L’enveloppe externe du casque, composĂ©e d’une quarantaine de lamelles de carbone, minutieusement dĂ©coupĂ©es et positionnĂ©es dans un moule. Le tout est cuit Ă 150 °C dans un four sous pression, confĂ©rant ainsi aux fibres de carbone leur extrĂŞme rigiditĂ©.Â
Sortie du four puis dĂ©moulĂ©e, la coque en carbone est soigneusement dĂ©coupĂ©e Ă l’emplacement de la future visière et perforĂ©e Ă des points stratĂ©giques afin de laisser circuler l’air. L’ensemble est sablĂ© puis recouvert d’une couche de polyurĂ©thane, une composante indispensable permettant de peindre le casque sans dĂ©tĂ©riorer les capacitĂ©s protectrices de la coque.Â
Ă€ l’intĂ©rieur de cette coque dure, une couche de kevlar et de Nomex sont appliquĂ©es. Le premier des deux matĂ©riaux est très lĂ©ger mais difficilement transperçable, offrant ainsi une grande rĂ©sistance face Ă des pièces pouvant se dĂ©tacher de monoplaces adverses. Le Nomex est quant Ă lui une fibre synthĂ©tique ignifugĂ©e, protĂ©geant la tĂŞte de la chaleur des flammes. Elle est Ă©galement l’une des composantes de la cagoule et des tenues des pilotes. La superposition de ces deux matĂ©riaux ne dĂ©passe pas les quelques millimètres d’épaisseurs. Elle fait office de sĂ©paration entre la coque externe en carbone et la couche interne du casque, une mousse rembourrĂ©e Ă©paisse de deux Ă trois centimètres.Â
Cette dernière est dotĂ©e d’une grande capacitĂ© de dĂ©formation, permettant de mieux absorber les chocs et Ă©viter que la tĂŞte ne vienne frapper contre la coque en carbone. DĂ©coupĂ©e sur mesure Ă partir d’un scan 3D de la tĂŞte de chaque pilote, cette mousse protectrice apporte le confort nĂ©cessaire, secondĂ©e par une dernière couche de mousse de quelques millimètres, directement en contact avec la tĂŞte du pilote.Â
Toujours plus de protection pour davantage de sécurité
L’armature du casque faite, des pièces supplĂ©mentaires viennent se greffer dessus, apportant un surplus de protection. La visière est un indispensable. Faite d’un matĂ©riau transparent en polycarbonate, elle est teintĂ©e et recouverte sur la face interne d’un procĂ©dĂ© chimique anti-brouillard, afin que la respiration du pilote ne gĂ©nère aucune condensation. La face externe de la visière, elle, est recouverte depuis 2001 par des tear-off. De fines protections transparentes que les pilotes peuvent aisĂ©ment retirer Ă l’aide de languettes pour conserver une visibilitĂ© optimale tout au long de la course.Â
Depuis 2009 et l’accident de Felipe Massa, une bande de zylon a Ă©tĂ© rajoutĂ©e au-dessus de la visière afin de mieux protĂ©ger le front du pilote. La mĂŞme raison qui poussa la FIA Ă exiger, dans sa nouvelle norme parue en 2019, une rĂ©duction de la taille de la visière, dĂ©sormais abaissĂ©e de 10 millimètres.Â
Ă€ l’arrière de cette visière, situĂ©s de chaque cĂ´tĂ© du casque, deux boutons permettent d’accrocher les sangles du système HANS. De l’Anglais « Hand and Neack Safety », il s’agit d’une armature en carbone portĂ©e sur les Ă©paules des pilotes depuis 2003. ReliĂ© au casque grâce Ă des sangles, cet ensemble permet de retenir la tĂŞte du pilote lors de chocs frontaux et Ă©viter ainsi une rupture des cervicales, couramment dĂ©nommĂ©e coup du lapin.Â
Enfin, des petites ailettes sont fixĂ©es sur la structure externe du casque. PossĂ©dant un rĂ´le aĂ©rodynamique, elles permettent une meilleure pĂ©nĂ©tration dans l’air en rĂ©duisant la traĂ®nĂ©e entourant la tĂŞte du pilote. Un gain de performance, certes, assurant Ă©galement un meilleur confort, tant un air trop turbulent peut provoquer d’importantes secousses au niveau du casque.Â
Pour en savoir plus :
https://f1i.autojournal.fr/magazine/magazine-technique/fabrication-dun-casque-de-f1/#item=1


