Sport d’endurance et de précision, le biathlon séduit de plus en plus grâce à son mélange unique de ski de fond et de tir à la carabine. Dans cet article, découvrez tout ce qu’il faut savoir sur le biathlon : l’histoire de ce sport d’hiver, ses règles, son matériel spécifique et le fonctionnement des différentes épreuves. Un guide pour mieux comprendre cette discipline.
Le biathlon qu’est-ce que c’est ?
Origines militaires et évolution du sport
Du latin bis (deux fois) et du grec athlon (combat), le biathlon est un terme utilisé pour qualifier toute épreuve sportive combinant deux disciplines. En hiver, on parle de biathlon pour désigner ce sport mêlant ski de fond et tir à la carabine.
Les origines du biathlon sont militaires. En Scandinavie au XVIIIe siècle, les unités de patrouille des différentes armées nordiques se déplaçaient à ski pour protéger leurs frontières, équipées d’une arme en cas d’attaque. Une première compétition de biathlon fut organisée en 1767, entre des militaires norvégiens et suédois. Mais à cette époque, l’association de ski de fond et de tir à la carabine restait une pratique exclusive aux armées. Des premiers clubs de skis et de tirs émergèrent en Norvège durant la seconde moitié du XIXe siècle, mais ces derniers étaient destinés à la formation des futurs soldats.
La combinaison du ski et du tir devint un sport entre la fin du XIXe et le début du XXe siècle, avec l’organisation des premières compétitions. En Norvège, mais également au sein de l’Empire Allemand, des courses individuelles étaient organisées entre soldats, mêlant ski de fond et séance de tirs. En 1915, la pratique prenait le nom de patrouille militaire et devenait une épreuve collective. Des équipes de quatre, composées d’un officier, un sous-officier et deux soldats, s’affrontaient sur un parcours de 25 à 30 kilomètres. À mi-chemin, une séance de tirs à mi-distance, effectuée debout ou couchée, permettait de glaner des secondes de bonification retranchées au temps final. Si la patrouille militaire était au programme des premiers Jeux olympiques d’hiver, organisés à Chamonix en 1924, l’épreuve était rétrogradée au rang de sport de démonstration durant les éditions suivantes.

L’arrivée du biathlon aux Jeux Olympiques
La patrouille militaire disparaissait au milieu du XXe siècle pour laisser place au biathlon. Une discipline pas si éloignée de son prédécesseur, mais pratiquée avec une carabine plus petite et légère et des munitions de calibre moindre, marquant la rupture avec le monde militaire. Dès 1960, le biathlon était intégré au programme des Jeux Olympiques de Squaw Valley. Si l’individuel messieurs était uniquement au programme durant cette édition, le relais puis le sprint, la poursuite, la mass-start et les épreuves féminines étaient introduites au fil des années. En 2014, le relais mixte était la dernière épreuve de biathlon à faire son entrée au programme olympique, portant à onze le nombre d’épreuves présentes aux Jeux d’hiver.
Le matériel
Le ski et les bâtons
En biathlon, la longueur des skis utilisés est environ 10 à 15 % plus grande que la taille du biathlète. Pour se propulser, il utilise une paire de bâtons dont sa longueur correspond à sa hauteur d’épaules. L’ensemble du matériel est relativement léger, ce qui permet de contrebalancer avec le poids de la carabine.
La carabine et les munitions
Depuis 1978, la carabine utilisée en biathlon est une arme de petit calibre pesant entre 3,5 kg et 6 kg lorsqu’elle n’est pas chargée. Les munitions utilisées ont le calibre d’un .22 Long Rifle. La vitesse des balles n’excède pas les 380 m/s (1 368 km/h).

Le pas de tir et les cibles
La réduction de la taille de la carabine et du calibre a conduit à une diminution de la distance entre les cibles et le pas de tir. Jusqu’en 1977, les cibles étaient positionnées à 100 mètres du tireur pour le tireur debout, et jusqu’à 250 mètres pour les tirs couchés. Désormais, les cinq cibles à viser sont toutes positionnées à 50 mètres du pas de tir. En revanche, le diamètre des cibles diffère selon le tir exécuté : 45 mm de diamètre pour un tir couché et 110 mm lors des tirs debout.
Les différents formats de course
Actuellement, le biathlon se décline en cinq formats de course.
L’individuel
Première épreuve à avoir fait son entrée au programme olympique, l’individuel est une course de 20 km pour les hommes et 15 km pour les femmes. Les biathlètes s’élancent individuellement les uns après les autres, avec un écart de 30 secondes entre chaque participant.
L’épreuve se divise en cinq boucles de 4 km (3 km chez les femmes), avec un passage sur le pas de tir à chaque fin de tour (hormis à la fin du dernier tour). Soit quatre salves de tirs, une couchée, une debout, une couchée, une debout, pour un total de 20 cibles à viser. Une minute de pénalité est ajoutée au temps final pour chaque cible manquée. Un lourd handicap qui favorise généralement les meilleurs tireurs, au détriment des excellents skieurs. Le vainqueur est le biathlète qui réalise le meilleur temps final.
Le sprint
Le principe est le même que l’individuel, mais le sprint se déroule sous un format plus court, réduit à 10 km (7,5 km chez les femmes). Les biathlètes s’élancent individuellement et partent pour trois tours de 3,3 km (2,5 km pour les femmes), avec une salve de tirs couchée puis une salve de tirs debout effectués à la fin de chacun des deux premiers tours.
Contrairement à l’individuel, manquer une cible n’engendre pas une minute de pénalité mais le passage par un anneau de pénalité de 150 m (parcourir cet anneau fait perdre environ 25 secondes).
La poursuite
Cette épreuve a été inventée au milieu des années 1990 afin de rendre la discipline plus attrayante et divertissante. Lors d’une manche de biathlon, la poursuite est toujours organisée après le sprint. Les biathlètes s’élancent à tour de rôle, en tenant compte des écarts enregistrés à l’arrivée de la poursuite. Ainsi, le vainqueur du sprint part en premier, suivi de son dauphin qui s’élance avec un retard correspondant au nombre de secondes qui le séparaient du premier à l’arrivée du sprint et ainsi de suite.
Cette épreuve de 12,5 km (10 km pour les femmes) se divise en cinq boucles de 2,5 km (2 km chez les femmes), avec une séance de tirs au terme de chacun des quatre premiers tours (deux séances couchéeset deux séances debout). Comme sur le sprint, manquer une cible impose au biathlète de passer par l’anneau de pénalité.
Cette fois-ci, le vainqueur n’est pas celui qui réalise le meilleur temps, mais le biathlète qui franchit la ligne d’arrivée en premier.
La mass-start (départ groupé)
Cette dernière épreuve individuelle à avoir fait son apparition est la seule où tous les biathlètes s’élancent ensemble. Sur un format de 15 km (12,5 km chez les femmes) divisé en cinq tours de circuit, les biathlètes doivent passer sur le pas de tir à la fin de chacun des quatre premiers tours. Ils enchainent deux sessions de tirs couchées puis les deux sessions de tirs debout, avec un tour sur l’anneau de pénalité à effectuer pour chaque cible manquée.
Le vainqueur est le premier à franchir la ligne d’arrivée.

Les relais
En relais, les biathlètes s’affrontent par équipes composées de quatre coureurs qui représentent la même nation. Chacun des quatre athlètes engagés effectue un parcours de 7,5 km (6 km chez les femmes) divisé en trois tours de circuit, avec un passage sur le pas de tir à la fin de chacune des deux premières boucles (une session de tirs couchés puis une de tirs debout).
Contrairement à toutes les épreuves individuelles, les biathlètes engagés en relais ne disposent pas de cinq mais de huit balles pour abattre les cinq cibles face à eux. Les trois balles supplémentaires, que l’on nomme des balles de pioche, doivent être changées à la main par le biathlète ce qui entraîne une perte de temps. Si une ou plusieurs des cibles n’a pas été touchée au terme des huit tirs, le biathlète doit passer par l’anneau de pénalité de 150 m et effectuer autant de tours que de cibles non touchées.
Depuis le début des années 2000, un nouveau format de relais est apparu : le relais mixte. Dans sa forme la plus courante, les équipes engagées en relais mixte se composent de deux hommes et deux femmes qui effectuent chacun un parcours de 6 ou 7,5 km, avec deux passages sur le pas de tir. Le reste de l’épreuve est similaire au relais traditionnel.
Absent du programme des Jeux Olympiques, un relais mixte simple est organisé en coupe du monde et aux championnats du monde. Cette fois-ci, l’épreuve oppose des équipes de deux biathlètes (un homme et une femme) qui effectuent chacun deux relais de 6 ou 7,5 km (soit un total de quatre passages sur le pas de tir par biathlète). Autre différence par rapport au relais mixte, le tour de pénalité est réduit de moitié, ne mesurant plus que 75 mètres.
Les compétitions
À haut niveau, trois grandes épreuves majeures composent le calendrier du biathlon.
La Coupe du monde
Créée en 1978, la Coupe du monde de biathlon est une compétition organisée durant toute la saison hivernale, qui regroupe une série de manches disputées partout en Europe. Pour la saison 2025-2026 de biathlon, cette Coupe du monde se compose de neuf étapes organisées à Östersund (Suède), Hochfilzen (Autriche), Le Grand-Bornand (France), Oberhof (Allemagne), Ruhpolding (Allemagne), Nové Mesto (République Tchèque), Kontiolahti (Finlande), Otepää (Estonie) et Oslo (Norvège).
Entre trois et cinq épreuves de biathlon sont organisées par étape, portant le total à 21 épreuves individuelles, 5 relais et 6 relais mixtes durant cette édition 2025-2026 de la Coupe du monde de biathlon.
À chaque course, les quarante premiers biathlètes (30 premiers dans le cas de la mass-start) obtiennent un certain nombre de points selon le résultat. 90 points pour le premier, 75 pour le deuxième, 65 pour le troisième… Ce système permet d’établir un classement général de la Coupe du monde de biathlon, en additionnant les points obtenus dans les épreuves individuelles. Au terme de la saison, le biathlète possédant le plus de points remporte le trophée de la Coupe du monde : le Gros Globe de cristal.
Des petits globes de cristal sont également mis en jeu pour chaque discipline du biathlon (individuel, sprint, poursuite et mass-start), de même que pour les relais. Enfin, une Coupe des Nations est également organisée entre tous les pays représentés, à l’aide d’un classement général qui prend en compte les points obtenus par les trois meilleurs biathlètes de chaque pays sur tous les individuels et sprints de la saison, ainsi que les relais. L’année dernière, la France a remporté la Coupe des Nations devant la Norvège et la Suède.

La championnats du monde
Organisés tous les ans hormis durant les années olympiques, les championnats du monde de biathlon se déroulent sur 10 à 12 jours. Chez les hommes comme chez les femmes, toutes les disciplines du biathlon sont présentes, de même que les relais mixtes et simples. Soit un total de 12 épreuves.
Le biathlon aux Jeux Olympiques
Tous les quatre ans, le biathlon est au programme des Jeux Olympiques d’hiver avec un programme identique à celui des championnats du monde de biathlon à une exception près : le relais mixte simple est absent du calendrier. Les 11 épreuves restantes se déroulent durant les deux semaines des Jeux Olympiques.


