Athlétisme : Pourquoi court-on dans le sens inverse des aiguilles sur piste ?

Pourquoi court-on dans le sens inverse des aiguilles d'une montre sur une piste d'athlétisme

Aux quatre coins du monde et dans toutes les compétitions sportives, les épreuves de course organisées sur une piste d’athlétisme sont courues dans le sens inverse des aiguilles d’une montre, avec la corde à gauche des coureurs. Y a-t-il une raison de courir dans ce sens ?

Des épreuves d’athlétisme disputées dans le sens des aiguilles d’une montre

Courir dans le sens anti-horaire sur une piste d’athlétisme n’a pas toujours été une norme. Jusqu’au début du XXe siècle, le sens de course était un choix de l’organisateur. Certains optaient pour le sens anti-horaire actuel, quand d’autres préféraient le mouvement de rotation des aiguilles d’une montre, comme lors de la première édition des Jeux Olympiques modernes, en 1896 à Athènes

Mais du côté des athlètes, courir dans le sens des aiguilles d’une montre ne faisait pas l’unanimité. Certains se plaignaient d’être déboussolés, déséquilibrés dans les virages et de réaliser de moins bonnes performances. En 1913, l’IAAF (La Fédération Internationale d’Athlétisme) remédiait à ce problème en réglementant le sens de course sur une piste d’athlétisme. Comme le stipule le point 163.1 de son règlement, « les épreuves se courent avec la corde à gauche ». Soit dans le sens inverse des aiguilles d’une montre. 

Tourner dans le sens-inverse des aiguilles d’une montre améliore-t-il les performances ?

Les scientifiques se sont penchés sur cette question et en effet, il semblerait que les critiques émises par les athlètes du début du XXe siècle sont justifiées. Sur une piste d’athlétisme, suivre le mouvement de rotation des aiguilles d’une montre perturbe les athlètes, quand courir dans le sens anti-horaire améliore les performances. 

Le scientifique japonais Hideaki Fakumi a mené une expérience auprès de quatre athlètes universitaires de bon niveau. En leur demandant d’effectuer deux 400 mètres courus dans deux sens différents sur une piste d’athlétisme, il observait que ces quatre athlètes réalisaient de meilleurs temps lorsqu’ils tournaient dans le sens anti-horaire. Outre le facteur de l’habitude, Hideaki Fakumi explique cette différence de performance par le fonctionnement de notre cerveau. 

Chez l’Homme, l’hémisphère droit du cerveau contrôle la perception du corps dans l’espace, mais également toute la partie gauche du corps. De ce fait, l’être humain jouirait d’une meilleure coordination quand il s’agit de tourner à gauche. 

Mais ce n’est pas tout. Pour d’autres scientifiques, l’amélioration des performances lorsque l’on court avec la corde à gauche s’explique par le rôle que joue la force centrifuge sur la circulation sanguine. La veine cave, qui envoie le sang désoxygéné en direction du cœur, se situe à droite de la colonne vertébrale. Sur une piste d’athlétisme, la force centrifuge qui s’applique dans les virages aurait tendance à envoyer le sang dans la partie droite du corps, lorsque l’on court dans le sens inverse des aiguilles d’une montre. La veine cave serait donc soumise à un plus fort afflux sanguin, augmentant le débit cardiaque et ainsi les performances. 

Dernier facteur de performance avancé par les scientifiques : le fait que 90 % de la population mondiale est droitière. Avec un pied droit plus fort que le pied gauche, il est plus facile de prendre des virages à gauche, pour la simple raison qu’un pied dominant à l’extérieur offre de meilleurs appuis pour tourner. 

Et l’effet de Coriolis dans tout ça ?

La force de Coriolis est un effet lié à la rotation de la Terre, qui tourne dans le sens inverse des aiguilles d’une montre lorsque l’on se place dans l’hémisphère nord, et dans le sens horaire dans l’hémisphère sud. En haute mer, les alizés et les courants marins se retrouvent sous l’influence de cette rotation terrestre, et se déplacent ainsi vers la droite dans l’hémisphère nord et vers la gauche dans l’hémisphère sud. 

Mais cet effet de Coriolis peut-il expliquer que l’on court plus vite en tournant dans le sens inverse des aiguilles d’une montre sur une piste d’athlétisme ? À priori non, pour la simple est bonne raison que pour jouir de l’influence de la rotation terrestre, il faudrait courir dans le sens des aiguilles d’une montre sur une piste d’athlétisme située dans l’hémisphère sud. 

Et l’athlète sud-africain Wayde van Niekerk l’a prouvé. En établissant son record du monde du 400 m (43 s 03) aux Jeux Olympiques de Rio en 2016, courir dans le sens anti-horaire sur une piste d’athlétisme de l’hémisphère sud n’est pas pénalisant. 

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