À quand remonte l’invention des pédales automatiques ?

À quand remonte l'invention des pédales automatiques ?

Crédit : Pixabay

Elles sont devenues un indispensable pour la pratique du cyclisme sur route. Permettant de gagner en efficacité de pédalage grâce à un pied correctement maintenu, les pédales automatiques sont également un gage de sécurité, permettant de déchausser rapidement, grâce à une simple rotation externe du pied. Une invention révolutionnaire, ayant pourtant mis de nombreuses décennies avant d’être définitivement adoptée par le peloton international. 

Une innovation qui peinait à convaincre

La plus vieille mention d’un système comparable à nos pédales automatiques modernes remonte à la fin du XIXe siècle. En 1895, un inventeur américain dénommé Charles Hanson déposait un brevet concernant un système de fixation entre la chaussure du cycliste et la pédale. Sous leurs semelles, les chaussures étaient dotées de quatre fentes, au sein desquelles pouvaient s’insérer une pièce en forme de croix située sur la pédale. Quatre petits taquets permettaient de maintenir le tout, une fois la chaussure correctement insérée. 

Cette invention mise au point par Charles Hanson n’a, semble-t-elle, pas connue un immense succès. Hormis une trace de son brevet déposé en novembre 1895, aucune source ne fait mention d’un cycliste équipé de son système de fixation. Ce n’est que durant les années 1970 que les recherches autour des pédales automatiques refirent surface. Entre temps, les cyclistes de haut niveau s’étaient équipés de cale-pieds et de sangles permettant de maintenir la chaussure au contact de la pédale. Un système offrant une meilleure efficacité de pédalage, permettant d’appliquer une force musculaire lors de la phase de remontée et non plus uniquement lors de la poussée vers le bas. Le rendement devenait meilleur, mais la sécurité des coureurs était directement affectée. Avec leurs chaussures sanglées sur la pédale, les cyclistes n’avaient pas le temps de déchausser en cas de chute. Leurs pieds restaient solidaires à la bicyclette, rattraper son équilibre pour éviter de tomber était impossible

Le fabricant italien Cinelli essaya de résoudre ce problème durant les années 1970, en présentant un modèle de pédales automatiques équipé d’un levier situé sur le bord extérieur de la pédale. Une fois la chaussure correctement positionnée sur la pédale, le levier se bloquait automatiquement. Pour déchausser, les cyclistes devaient l’abaisser manuellement. Cependant, en cas de chute, il était prévu que le levier puisse sauter de lui-même au contact du sol, permettant de libérer le pied du coureur. 

Une nouvelle fois, cette innovation ne connut guère un grand succès. Plusieurs fabricants essayèrent de mettre au point leur propre système de pédales automatiques, mais les rudimentaires cale-pieds équipés de sangles conservaient la mainmise. Jusqu’à ce qu’une entreprise implantée dans le Nièvre débarque sur le marché : Look. 

Look, un savoir-faire transféré du ski vers le cyclisme

L’histoire débuta en 1947, lorsqu’un certain Jean Beyl se fracturait la jambe lors d’une journée au ski. Un accident lui donnant l’idée de créer un système de fixation de ski dénommé « Anti-fracture », permettant à tout skieur de déchausser rapidement grâce à une plaque capable de pivoter horizontalement pour libérer le pied. Quatre années et de nombreuses heures de recherches plus tard, Jean Beyl fondait l’entreprise Look à Nevers et produisait ses premiers systèmes de fixation de skis. 

Après deux décennies d’innovation dans le domaine des sports d’hiver, Look était cédée en 1983 à Bernard Tapie qui la racheta pour un franc symbolique. Désireux d’insuffler un nouveau souffle à cette entreprise, dont son chiffre d’affaires reposait essentiellement sur la vente de produits destinés au ski, le célèbre entrepreneur français eut l’idée d’adapter le système de fixation de skis pour le monde du cyclisme. L’année suivante, Look démarrait la production de leurs premières pédales automatiques. Des modèles équipés de cette plaque pivotante, avec lesquels il était possible de déchausser rapidement en effectuant une simple rotation du pied vers l’extérieur. 

Sous les couleurs de l’équipe cycliste La Vie claire dont Bernard Tapie en était le propriétaire, Bernard Hinault s’en allait remporter le Tour de France 1985, équipé d’un vélo Look et de ces pédales automatiques révolutionnaires. Un coup de projecteur sans précédent. Le cinquième sacre de Bernard Hinault sur la Grande Boucle permit de démocratiser l’utilisation des pédales automatiques modernes, bien plus sécuritaires que le système de sangles et de cale-pieds. D’ailleurs, ses pédales Look à déchaussage rapide lui ont sans doute évité une chute bien plus lourde, à l’arrivée de la 14e étape à Saint-Étienne. Déjà porteur du maillot jaune, Bernard Hinault s’en sortait avec une simple fracture du nez. 

Les années suivantes, Look vit l’arrivée de nouveaux concurrents sur le marché des pédales automatiques. L’entreprise française Time débarquait sur le marché en 1988, présentant un mécanisme novateur qui réduisit considérablement l’épaisseur de la pédale. Fabricant de composants pour cycle depuis les années 1920, le manufacturier japonais Shimano développait à son tour leurs propres pédales automatiques. Un marché devenu très concurrentiel, ayant vu récemment l’arrivée de nouvelles marques telles Assioma, Wahoo, Bontrager ou encore Garmin. 

Sources :

https://www.lemonde.fr/sport/article/2009/07/18/25-ans-apres-nanard-tout-le-monde-a-la-pedale-automatique_1220403_3242.html

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